J'ai toujours aimé l'art...
J'ai toujours aimé regarder les choses différemment...
J'ai toujours aimé créer...
La photographie me donne la possibilité de restituer le monde qui m'entoure selon mon regard.
Mais aussi de le modifier, de façonner une réalité nouvelle en mêlant divers éléments grâce au photomontage.

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vendredi 9 avril 2010

ANARKIA

Voici le texte que j'ai écrit à l'occasion de ma participation au concours d'Etonnants-Voyageurs.
Le texte que j'ai écrit pour Pierre Bottero.
Pierre Bottero...Mon auteur préféré...
Pour m'avoir guidé par ses phrases dans chaque étape de ma vie.
Pour m'avoir ouvert la porte vers un nouveau monde.
Pour m'avoir aidé à comprendre le Pouvoir des Mots et de l'imaginaire
Pour avoir mené mes pas sur la Voie de l'Ecriture.
Pour m'avoir donné l'Espoir et les Rêves.

L'auteur qui m'a offert l'épreuve de sa propre mort.
Ce départ qui a changé mon d'écriture.
Plus poétique, plus belle, plus fine...
Plus que jamais proche de l'Envol qu'il avait écrit, et qui avait transformé à jamais ma conception des rêves et de l'existence.

L'auteur qui aurait du être le parrain de ce concours.
Et pour qui j'ai rédigé ce texte.
Avec gratitude.
A la lumière de ses récits, j'ai voulu éclairé ma Voie.
Et la lueur et devenu cascade de lumière, innondant mon esprit.

La première page de ce texte est de lui. Elle m'a permis d'unir nos mots.

Quelque soit l'issue de ce concours, je suis heureuse d'y avoir participé...
Ne serait-ce que pour avoir pu rendre hommage au merveilleux écrivain qu'était Pierre Bottero.



Plus d'informations sur ce concours à l'adresse suivante : http://www.etonnants-voyageurs.com/

ANARKIA


Victor était chasseur de rêves.

C’était un métier qui demandait beaucoup d’agilité, pour bondir de toit en toit, beaucoup de dextérité, pour manier le filet à rêves, beaucoup de courage, pour sortir seul la nuit et beaucoup d’imagination, pour effectuer un tri entre beaux rêves et rêves anodins, tout en évitant les cauchemars dangereux et les hallucinations inutiles.
Agilité, dextérité, courage et imagination.

Victor était agile, dextre, courageux et avait toujours fait preuve d’imagination. C’est d’ailleurs cette imagination qui lui avait permis, lorsque ses parents étaient morts, de ne pas se retrouver enfermé à l’orphelinat mais d’être embauché par monsieur Paul.

Mystérieux et inquiétant monsieur Paul.

Victor ignorait ce qu’il fabriquait avec les rêves qu’il lui achetait, pas très cher d’ailleurs, mais cela n’avait pas vraiment d’importance. La seule chose qui comptait pour Victor, c’était de voir les songes se glisser à l’extérieur des maisons par les interstices entre les tuiles des toits, se déployer en fines volutes colorées, onduler un instant comme s’ils cherchaient leur route puis filer vers les étoiles. Sauf s’il se montrait assez rapide.

S’il se montrait assez rapide et abattait son filet avec suffisamment de précision, le rêve finissait dans sa besace.



Une nuit de printemps, alors qu’il n’avait capturé qu’un petit rêve bleu et cherchait quelque chose de plus consistant à attraper, Victor aperçut une silhouette adossée à une cheminée.
Elle regardait le ciel et ne parut pas surprise lorsqu’il s’assit à ses côtés.

- Tu t’appelles comment ? demanda Victor.

La silhouette ne répondit pas, mais tourna son regard vers lui. Il distinguait à peine ses traits dans l’obscurité, mais il devina la pâleur de sa peau, la beauté harmonieuse de son visage, si jeune. Et ses yeux. Si clairs…

On eut dit qu’ils brillaient comme deux lunes tant leur couleur était pure. Ses traits et ses mouvements étaient indubitablement féminins.
« Une femme. Une femme aveugle, pensa Victor. »
Il avait le don de jauger les gens, et cette jeune femme dégageait une aura de mystère, d’harmonie…de force, aussi. L’aura de confiance de la personne qui a trouvé sa route.

Elle conservait sa position, si immobile qu’on eut dit une statue de marbre. Absorbé par sa contemplation, Victor sursauta presque lorsqu’il entendit sa voix :

- Un nom est comme une vie, Victor : qu’il se donne, qu’il se reçoive, ou qu’il se défende chèrement, il se mérite.

- Comment sais-tu mon nom ?

Victor s’étonna lui-même de son ton presque dénué de surprise. Il ne parvenait pas à se l’expliquer, mais il avait la nette impression de connaître cette femme. Comme si elle était l’incarnation même des rêves qu’il attrapait…

- Le monde de ténèbres où je vis révèle bien des secrets, Victor. Et nous nous connaissons depuis bien longtemps.

- Par les rêves ?

- Par les rêves.

Ils restèrent tout deux silencieux un instant. Lorsque soudain, la voix de l’aveugle brisa le silence.

- Que sais-tu de ton passé ?

Victor resta immobile, assis sur les tuiles quelques instants après le départ de la femme. Etait-elle réelle ?
Il se remémora leur conversation : mystérieuse et troublante…Et pourtant des accents d’évidence. Des pensées partagées, suivant le même fil, la même trame, et parcourant un esprit semblable.
Un esprit libre, avide de nuit et de rêves, qui leur était commun. Et cette question…qui l’avait laissé seul, vide, sur les tuiles prés des étoiles.
Il se rappelait son départ. Fluide, agile, et si intuitive. Elle s’était laissée glisser le long du toit, ses doigts crochetant la moindre prise. Elle semblait pressentir les obstacles plutôt que de les distinguer. Et Victor savait qu’il en était ainsi. La question l’avait laissé sans voix. Il n’avait donc qu’un présent, et pas même d’avenir…
Et que savait-il de son passé ?

Il n’attrapa aucun autre rêve ce soir là.

Lorsqu’il retourna chez monsieur Paul, l’angoisse lui serrait la gorge. Jamais il n’était revenu avec une si maigre capture ! Qu’allait dire son employeur ?
Arrivé face à la porte, il prit une grande inspiration et frappa. Pas de réponse. Il frappa un peu plus fort. Aucun son ne passait à travers les murs de la maison d’ordinaire si bruyante.
Inquiet, il ouvrit la porte et entra.

- Monsieur Paul ! Vous êtes là ?

Aucune réponse. Il ne pouvait distinguer qu’un fin rai de lumière qui filtrait sous la porte de l’atelier. Elle était entrouverte. Victor la poussa timidement, et demeura sur le seuil, muet de stupéfaction.
Un manteau.
Un immense manteau d’une longueur impressionnante était suspendu au plafond et descendait jusqu’au sol.
Il était entièrement confectionné de rêves !

Victor les reconnut tous.
Chaque rêve bleu du col lui était familier. Tous les rêves d’enfants cousus aux manches éveillaient un souvenir.
Rêves de douceur, rêves de lumière, rêves d’envol, rêves du temps passé, rêves de vie, rêves de vérité, rêves de voyage… Et la douceur des rêves d’amour, cousus en bas du manteau, qui ondulaient sur le sol en l’inondant de leur lumière rouge.
C’était un mélange hétéroclite de tous les rêves que Victor avait attrapés, cousus entre eux par un fil d’argent si fin qu’il les retenait à peine.

Victor comprit à cet instant qu’il ne reverrait pas son protecteur. Il savait au plus profond de lui-même qu’il ne reviendrait pas, et que ce manteau était l’héritage qu’il lui dédiait. Le visage sévère du vieil homme lui revint en mémoire. Monsieur Paul parti, il se retrouvait seul. Sans présent, sans avenir, sans passé. Seul lui restait ce manteau. Tremblant un peu, il s’en approcha et, le décrochant du plafond, il le laissa tomber au sol. Il tendit la main, le ramassa, et glissa ses bras dans les manches, avant de le jeter sur ses épaules. A l’instant même où il fut revêtu de ce merveilleux vêtement, il se souvint, de tout. Du jour même de sa naissance, du nom de ses parents, de leur douceur, de leur amour, de leur mort, cette première blessure, profonde et encore à vif. De la dure période de sa vie où sans attaches et sans foyer il avait erré dans les ruelles, abandonné à la nuit. Alors était venu monsieur Paul, qui l’avait arraché à la rue et qui lui avait offert une vie faite de chasse aux rêves et de vagabondages sous la lune.
Une vie de liberté.

Victor demeura immobile, pleurant de bonheur, remerciant de toute son âme les rêves qui lui avaient rendu son passé. C’est à cet instant qu’il sentit un mouvement dans son dos. Il se retourna. La femme aveugle était là et dans ses yeux de lune, pourtant dénués de sentiments, il crut distinguer une lueur de fierté.

- J’ai retrouvé mon passé…
La voix de Victor était serrée d’émotion, étranglée de larmes, mais heureuse, reconnaissante.
- Je le sais. J’ai toujours su que tu y arriverais. Maintenant, construis-toi un avenir.
- Je serai couturier.
Victor n’avait même pas réfléchi un instant.
- Couturier de rêves ?
- Peut-être…
Elle sourit.
- Je m’appelle Anarkia.
Alors Victor comprit qui elle était.
« Anarkia » signifie « destinée ».

FIN


Et voici quelques illustrations que j'ai réalisées pour ce texte :



Victor...




Et Anarkia.


1 commentaire:

  1. j'aime beaucoup l'histoire apolline
    et puis tu dessine bien !!
    continue
    ;)louison

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